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Festival de Salzbourg 2016 Du 22 juillet 2016 au 31 août 2016

2016 sera pour le Festival de Salzbourg la deuxième et dernière année de transition entre les directions d’Alexander Pereira, parti à la Scala, et de Markus Hinterhäuser, chargé de lui redonner un dynamisme mis à mal par la valse des directions de ces quinze dernières années. 



Le programme lyrique fait donc preuve d’une grande prudence, en limitant au possible les prises de risque artistique : une bonne partie du public salzbourgeois s’y retrouvera certainement, d’autant que les stars, elles, ne seront pas absentes. Mozart est à l’honneur avec la reprise de la « trilogie da Ponte » montée par le directeur intérimaire Sven-Eric Bechtolf, avec pas moins de six représentations de chaque opéra : les mises en scène de Bechtolf ne dépassent pas l’anecdotique, mais on pourra y entendre Luca Pisaroni, Anna Prohaska ou Michael Volle, et le Français Alain Altinoglu dirigera l’Orchestre philharmonique de Vienne dans Don Giovanni.

Cecila Bartoli


 Comme chaque année, le festival reprendra aussi la production scénique du Festival de Pentecôte dirigé par Cecilia Bartoli. Après Norma ou Giulio Cesare, la mezzo romaine a fait un choix beaucoup plus éloigné de son répertoire habituel : c’est en effet West Side Story, le plus célèbre des musicals, qui sera joué pour la première fois au Festival. Bartoli y sera elle-même Maria, le ténor lyrique Norman Reinhardt sera Tony, et ce sera un chouchou du public salzbourgeois qui se chargera de l’orchestre : Gustavo Dudamel y dirigera son Orchestre Simón Bolívar. Le prix des places – jusqu’à 430 € – est sans doute inédit pour cette œuvre, mais le public salzbourgeois en a vu d’autres et remplira certainement la salle.

Côté nouveautés, l’obligatoire opéra contemporain sera une création : après The Tempest qui a conquis entre autres le Royal Opera, le Met et Vienne, Thomas Adès adaptera L’Ange exterminateur de Luis Buñuel, dans une mise en scène de Tom Cairns. Outre la curiosité que suscite toute création, il faudra y aller pour ce qui est la plus belle distribution du festival : parmi les quelque 19 rôles annoncés, on note entre autres Anne Sofie von Otter, Sally Matthews, Charles Workman, John Tomlinson ou Thomas Allen.

Outre cette création, seules deux nouvelles productions sont à l’affiche du festival. Le festival n’avait jamais encore affiché le Faust de Gounod, qui n’est à vrai dire pas tellement dans la tradition du festival. On se souvient naturellement de son Roméo et Juliette, prévu en 2008 pour Anna Netrebko et Rolando Villazón : seul ce dernier sera présent en 2008, Netrebko ne le chantera qu’en 2010 avec Piotr Beczala. Beczala est à nouveau présent pour ce Faust, mais c’est Maria Agresta qui sera Marguerite (rappelons qu’Anna Netrebko, qui devait faire ses débuts en Marguerite au Royal Opera en 2014, avait renoncé au rôle). La mise en scène est confiée au décorateur Reinhard von der Thannen, un proche de Hans Neuenfels. Plus attendue dans la tradition salzbourgeoise, mais beaucoup plus rare sur les scènes d’aujourd’hui, L’Amour de Danaé de Richard Strauss avait été créé à Salzbourg en 1952, après la mort du compositeur, et huit ans après l’annulation de la création (remplacée par une simple générale) dans le contexte de l’effondrement avancé de l’empire nazi. 

Anna Netrebko et Rolando Villazón
Cette œuvre aux ambitions intemporelles, écrite pour l’essentiel avant la guerre (et donc avant Capriccio), pose à ses interprètes des difficultés vocales presque insurmontables : il faut donc souhaiter beaucoup de courage à Krassimira Stoyanova (Maréchale célébrée dans Le Chevalier à la rose ces deux derniers étés) et Tomasz Konieczny qui, sous la direction de Franz Welser-Möst et dans la mise en scène d’Alvis Hermanis, seront Danae et Jupiter.

Mais le festival a aussi une tradition ancienne et vivace d’opéras en version de concert, et les amateurs de grandes voix seront particulièrement choyés cet été. C’est lors de trois représentations de Manon Lescaut de Puccini que ses admirateurs pourront entendre Anna Netrebko. Pour Plácido Domingo, le festival offre une unique soirée avec Thaïs de Massenet, aux côtés de Sonya Yoncheva. La rareté absolue de l’été, c’est Il Templario, un opéra en italien d’Otto Nicolai, dont on ne connaît guère – et encore – que son opéra-comique allemand Les joyeuses commères de Windsor : créé à Turin en 1840, en plein règne du bel cantoi (c’est l’année même de la création de La fille du régiment et de La favorite !),Il Templario devrait d’autant plus mettre les voix à la fête que c’est Joyce di Donato et Juan Diego Flórez qui se partagent l’affiche. Dans la fosse, sous la direction d’Andrés Orozco-Estrada, l’Orchestre Philharmonique de Vienne rendra d’autant plus volontiers hommage à ce compositeur un peu oublié que c’est lui qui, en 1842, a fondé l’orchestre.

Comme toujours, les concerts salzbourgeois offrent aussi un choix inépuisable d’occasions d’entendre de grandes voix. C’est vrai de l’importante programmation de musique sacrée, dont une très stimulante série autour des musiciens de la cour de l’archevêque de Salzbourg, Michael Haydn, Mozart ou Biber. C’est vrai aussi, naturellement, de la série de récitals, avec les Liederabende de Christian Gerhaher, Matthias Goerne ou Thomas Hampson, mais aussi avec des mélodies italiennes par Rolando Villázon ou des cantates baroques par Bejun Mehta ; on peut aussi guetter, côté contemporain, les Kafka-Fragmente de György Kurtág, une œuvre étonnante pour violon et soprano, qui fait revivre toutes les facettes de l’œuvre de Kafka, y compris cet humour si souvent incompris.

Mais la voix est aussi présente dans les nombreux concerts d’orchestre qui constituent l’épine dorsale du festival : Mathias Goerne chantera Mahler avec les Viennois, Anja Harteros les Quatre derniers Lieder de Strauss avec Cleveland ; mais les curieux de voix nouvelles ne manqueront pas non plus, en début de festival, La Création de Haydn : si ce n’est fait, ils y découvriront la jeune soprano Hanna-Elisabeth Müller, qui avait enchanté le public de Munich l’été dernier face à Anja Harteros dans Arabella.

Et comme toujours à Salzbourg, qui veut des places doit se décider vite : toutes les commandes reçues avant le 7 janvier seront traitées d’abord, celles arrivées ensuite n’auront que peu de chances d’obtenir les spectacles les plus demandés.

Dominique Adrian
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